Le Démocrate de L’Aisne, article

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Le Démocrate de L’Aisne, article

article de Léo Decasse, merci à lui pour sa présence à notre concert

L’ARTICLE – si c’est plus facile à lire !

Tergnier

Un Jeu de Foy 

Le mardi 13 janvier 2026, près de 70 personnes étaient présentes pour applaudir la chanteuse Lucie Joy au centre culturel François Mitterand (rue Marceau) de Tergnier. Une performance particulièrement appréciée du public, conquis par cette prose d’orfèvre qui rebondit au rythme des archets de Margaux Monnois. 

Margaux Monnois et Lucie Joy 

Pros

Le dispositif du centre culturel de Tergnier est simple est familial, bien que de qualité malgré sa sobriété. Qu’à cela ne tienne, les artistes accueillies ne font pas les divas. Les femmes qui enflamment les planches ce soir-là n’ont d’autres prétentions que celle d’offrir un moment culturel intense et vrai, remplaçant les chichis par le talent. Pari réussi ! 

Ainsi, Mmes Joy et Monnois ont montré de manière éclatante que gratuité ne rime pas avec amateurisme. Maniant la scène à la perfection et jonglant avec les émotions du public, elles ont offert une prestation multicolore, poétique et déjantée, allant bien au-delà des standards attendus pour ce genre d’évènements. 

« Maintenant, on veut danser ! » 

« La loi du marché ne peut plus marcher. Maintenant, on veut danser ! », clame la poétesse à la diction soignée dans une formule que ne renierait pas Emma Goldmann. 

« Très vieux et très jeunes » à la fois selon celle d’Aimé Césaire, les textes chantés, déclamés ou murmurés sont résolument engagés. Si les reflets libertaires sont assumés, la chanteuse revendique être « comme tout le monde, touchée par ce qui se passe ». Bien que refusant toute étiquette, Mme Joy croit en la force du collectif, et assume que « c’est bien de faire des chansons, mais ça ne suffit pas ». À cet effet, elle anime plusieurs ateliers d’écriture et participe au serveur vocal poétique >>(voir Le Démocrate de L’Aisne du 25 avril 2025). 

Issue du monde du théâtre, n’ayant pu s’offrir une formation musicale dans son enfance, l’artiste qui écume les salles internationales depuis trois ans dénonce à la fois l’inaction climatique, les ventes d’armes et leur cortège de tragédies, la société de consommation, le narcissisme du siècle, la gestion des flux migratoires, les discours trompeurs et mensongers, ou encore l’anachronisme du patriarcat. 


S’attaquant cependant aux causes plutôt qu’aux victimes, elle refuse de s’en prendre à ses semblables, critiquant les mécanismes de « ce monde qu’on ne peut accepter tel qu’il est », sans s’en prendre aux personnes. Une manière intelligente de faire passer ses messages auprès d’un public pas toujours acquis d’avance. Son plaisir est d’entendre en fin de concert « Je ne suis pas d’accord avec tes idées, mais… » 

Il faut dire que ses punchlines ne laissent personne indifférent. Petit florilège : « JE t’aime. C’est toujours moi, moi, moi… » ; « Que tonnent les tambours comme des cœurs de géants/ Que l’on fasse l’amour à mon enterrement » ; « On se regarde dans la glace à en oublier qu’elle fond »

« Comme un cœur qu’on affliche »

Dans cette harmonie du soir, le talent et le travail de Mme Monnois sont également à saluer. D’une précision redoutable, la multi-instrumentiste (violoncelle, violon, percussions, chœurs, looper…) ne se contente pas d’accompagner, elle apporte son supplément d’âme(s). 

Les musiques aux influences hip hop, pop, klezmer, folk.. sont un terrain de jeu pour la musicienne qui offre une palette sonore d’une incroyable richesse au regard des moyens déployés. Jouant de tous les registres de ses instruments, elle réussit à créer des univers et ambiances bigarrés, soutenant à la perfection les textes précités. 

Dates et informations sur : luciejoy.com

Léo Decasse

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