You are currently viewing Paroles
Photo : Jean-Pol Stercq

Paroles

Les chansons

Le réveil sonne

Ce qui m’étonne cette nuit, c’est que j’y vois plus clair

Dans le jeu établi qui nous la met à l’envers

A l’envergure de nos rêves, j’aimerais lever mon verre

Il est à moitié vide, mais moi j’suis avide de lumière

 

Ce qui m’étonne c’est que plus rien ne m’étonne

Plus j’vois du vice des artifices plus ils arborent leurs couronnes

Les chats rugissent, les lions ronronnent

Cœurs s’assoupissent et peurs sévissent

J’aimerais tant que le réveil sonne

 

Le réveil sonne, (t’entends ?) le réveil sonne, (eh, t’entends ?) le réveil sonne (eh,eh, écoute !)

 

Ce qui m’étonne dans le noir c’est que j’me sens lucide

Je traque la vérité pour détraquer l’insipide

Car plus lourd est le silence quand il te lance des bouteilles vides

Dans le désert t’as soif de sens mais ne tombe qu’une pluie acide

(miaou !)

 

C’qui t’étonne c’est que plus rien ne t’étonne

Tu vois du vice des artifices et ils arborent leurs couronnes

Les chats rugissent, les lions ronronnent

Cœurs s’assoupissent et peurs sévissent

Il est temps que le réveil sonne

(bidibidip ! bidibidip !)

 

Le réveil sonne, (t’entends ?) le réveil sonne, (eh, t’entends ?) le réveil sonne (eh,eh, écoute !)

Le réveil sonne, (t’entends ?) le réveil sonne, (eh, t’entends ?) sonne – le réveil sonne (eh,eh, écoute !)

 

Toute la nuit on cherche, on veille on fait le guet

Nos deux yeux lentement s’assèchent mais le troisième est aux aguets

Toute la nuit on tend nos mains en quête de sens

On remonte le toboggan pour retomber en enfance

 

Le réveil sonne, (eh ouais ! ) le réveil sonne, (ouais, je sais) le réveil sonne (encore ?)

Le réveil sonne, (t’entends ?) le réveil sonne, (eh, t’entends ? ) le réveil sonne

(qu’est-ce qu’on fait ? )

Dents de loup

(tu sais les gens sont fous, les gens sont fous tu sais ?

Mais pourquoi les gens ils font rien comme ça ? Alors que ça arrive tous les jours

Les gens sont fous, les gens sont fous)

Pieds nus dans les ronces et les orties

Ton fil d’Ariane à toi est rouge

Un fin ruisseau de sang te suit

On y voit son reflet qui bouge

Il y a trois dents, trois dents de loup

Sur le fil d’or qui se balance

Autour de ton si joli cou

Petite fille loin, loin de l’enfance

Tu as couru pour fuir le loup

Ça t’a menée droit dans sa gueule

Maman dit que les gens sont fous

Mais les gens sont surtout très seuls

Il y a trois dents, trois dents de loup

Sur le fil d’or qui se balance

Autour de ton si joli cou

Petite fille loin, loin de l’enfance

(dis-moi c’est, dis-moi c’est quand ? …)

Dis, c’est quand que la honte change de camp ?

Moi, au corps à corps je ne veux pas de la loi du plus fort.

Son appétit est sans limite

Il prend tout ce que tu ne donnes pas

Et comme tu ne prends pas la fuite

Il te prend même le son de ta voix

Jusqu’au jour où tu ne vas pas à votre rendez-vous secret

Et comme toutes ses dents sont à toi il ne peut plus te dévorer

Il y a trois dents, trois dents de loup

Sur le fil d’or qui se balance

Autour de ton si joli cou

Petite fille loin, loin de l’enfance

Il y a trois dents, (petite fille)   trois dents de loup

Sur le fil d’or  (petite fille)  qui se balance

Autour de ton (petite fille)   si joli cou

Petite fille loin, loin de l’enfance (petite fille)

Je te crois

Ne me demande pas comment j’étais habillée

Je t’en prie garde-toi de m’accorder ta pitié

Encore moins tes soupçons, à plus forte raison

Ce n’est pas une preuve non que je n’ai pas dit non

 

Si je me tourne vers toi, c’est que tu as ma confiance

Le dire m’arrache la voix, je t’en prie aie conscience

Que chacun de tes mots est un coup de couteau

Ou bien un pansement, sur mon cœur si sanglant

 

Alors, si je te parle, ne me fais pas la leçon

Oui, si je t’en parle, ne me dis pas : c’est comme ça les garçons

Dis-moi :

 

Je te crois, je te crois, je te crois, je te crois

Je te crois je te vois

Tu n’es pas seule, tu n’es pas sale

Quoi qu’il te veuille ce n’est pas normal

Tu n’es pas seule, tu n’es pas sale

Que tu t’en veuilles, c’est ça le vrai drame

 

Si ça ne t’est jamais arrivé, c’est tant mieux

Seulement c’est vrai et même ça crève les yeux

Nous sommes plus nombreuses et nombreux que tu crois

C’est une femme sur dix, non, c’est une femme sur trois.

 

Alors, lorsqu’il t’en parle, offre-lui un instant

Il t’épargne les détails qui le tuent qui le tuent qui le tuent si souvent

Dis-lui ça :

 

Je te crois, je te crois, je te crois, je te crois

Je te crois je te vois

Tu n’es pas seule, tu n’es pas sale

Quoi qu’il te veuille ce n’est pas normal

Tu n’es pas seule, tu n’es pas sale

Que tu t’en veuilles, c’est ça le vrai drame

Courage

Merci d’être sur Terre avec toutes tes fêlures 

tes doutes et tes colères, tes frayeurs sous l’armure

Je sais que tu te bats depuis le premier jour

Tu t’accroches au silence, tu lances des rythmes sourds.

 

Oui, on t’a souvent dit : « Tu n’as rien à faire, rien à faire ici »

Si, c’est clair mon ami.e, tu es le tonnerre qui déchire la nuit. 

 

Réchappé de l’Enfer, te restent les brûlures

Ton cœur est sans frontière, tout te caresse ou te torture

Je sais qu’ils ne voient pas les vents que tu affrontes

mais la Lune est avec toi, entends : la marée monte

 

Oui, on t’a souvent dit : « Tu n’as rien à faire, rien à faire ici »

Si, c’est clair mon ami.e, tu es le tonnerre qui déchire la nuit. 

 

Il faut du courage, le cœur et la rage 

pour danser sous l’éclair, pour vivre dans le carnage

devenir le tonnerre qui vibre dans le naufrage

 

Oui, on t’a souvent dit : « Tu n’as rien à faire, rien à faire ici »

Si, c’est clair mon ami.e, tu es le tonnerre qui déchire la nuit. 

 

Oui, on t’a souvent dit : « Tu n’as rien à faire, rien à faire ici »

Si, c’est clair mon ami.e, tu es le tonnerre qui déchire la nuit. 

Les lionnes

À nous les lionnes au cœur de ciel

Sueur de miel où l’océan frissonne

A nous guerrières torrents de lave fauve et suave

Fleuve de lumière

 

C’est l’ère des lionnes

 

À nous les lionnes

Dont les racines saignent

Que les courants étreignent

En qui la terre résonne

À nous les lionnes

Qu’on a fait taire

Dressées à plaire

Laissées aphones

 

C’est l’ère des lionnes

 

A nous à nous

Ah non plus jamais à genoux

A nous à nous

 

C’est l’ère des lionnes

 

À nous les lionnes

Aux lionceaux adorés

A tout le sang versé sans l’absent à la couronne

A la mémoire de la majesté de notre histoire

À cette histoire volée

A cette histoire violée

A ce continent oublié

A l’ombre des portraits

A tous les discours qui cachent

A tous les discours qui fâchent

 

A nous à nous

 

À Rosa Parks et Louise Michel, à Patti Smith, et Vandana Shivah,
à Toni Morrison, Arundhati Roy, Olympe de Gouges, Miriam Makeba.

À celles qui ont fait l’histoire et à celles qui la font

à Simone de Beauvoir et à Lola Lafon

à Gisele Halimi, Maria Skłodowska-Curie

Nina Simone, Sappho, Simone Veil, Agnès Varda

Moira Millan, Wu Zetian

A toutes celles qu’on a évincées des répertoires

Académie française et conservatoires

Aux travaux volés aux noms effacés

Camille Claudel, Emilie du Châtelet

A celles qui sauvent les petites filles de l’excision

Celles qui aident d’autres à avorter malgré les interdictions

A Halima Issé, Malala Yousafzaoui

Celles qui sont mortes pour être nées filles

Et celles qui sont mortes pour n’être pas nées filles

Marisol Cuadras, Christine Jorgensen et Laverne Cox

Pour toutes celles qui se sont battues

Pour tous ceux qui les ont soutenues

J’aimerais faire


pas une minute de silence mais du bruit

Pour que plus jamais on oublie

Pour raviver les archives

Pour les enfants qui arrivent

Laisser un commentaire